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Pénurie de professionnels de crèche : des disparités importantes selon les territoires
Lors du comité partenarial petite enfance de la Cnaf, lundi 29 septembre 2025, la Direction des statistiques, des études et de la recherche (DSER) a présenté quelques résultats de son enquête sur la pénurie des professionnels de l’accueil collectif, réalisée en décembre 2024.
Les résultats de cette enquête « plus scientifique et fiable » que celle de 2022, explique la Cnaf, arrivent au compte-gouttes. Et pour avoir une photographie exacte de la situation, plus de détails sur les causes de cette pénurie récurrente, il faudra attendre encore un peu. Ce ne sera pas avant décembre 2025. À cette date seront connues la situation précise de chaque département (il y aura 3 indicateurs clefs qui seront transmis aux SDSF), les causes des absences et des difficultés de recrutement.
Des absences de moins de trois mois dans plus de 50 % des cas
Comme nous l’évoquions déjà en juillet dernier lors de la diffusion des tout premiers résultats, selon la semaine où a été réalisée l’étude, il manquait environ 13 500 postes, soit 8,2 % des effectifs. Et comme le rappelait, tout récemment lors de la Rentrée de la Petite Enfance, Gaëlle Choquer-Marchand, directrice générale déléguée chargée des politiques familiales et sociales de la Cnaf, « l’enquête a montré que nous avons besoin de 163 900 professionnels temps plein pour faire fonctionner les équipements collectifs sur notre territoire ».
Pour rappel aussi, les absences de moins de trois mois représentent 54% des postes vacants (7300) et donc un taux de vacance de 4,4% tandis que celles de plus de trois mois représentent 46% des ETP vacants (6200), soit un taux de vacance (Ndlr : proportion des postes vacants par rapport au nombre total d’emplois (occupés et vacants) de 3,8%.
La pénurie touche en priorité les postes d’EJE
Sur les 13 500 postes, seuls 1000 concernent des fonctions de directions (taux de vacance de 5%), tous les autres concernent des professionnels, quels que soient leurs diplômes, exerçant auprès des enfants (taux de vacance de 8, 6%). Parmi les professionnels occupant des fonctions auprès des enfants, mais le taux de vacance le plus important, les EJE : 13,9%, puis les puéricultrices (12,6%) et les auxiliaires de puériculture (10,7%).
Le secteur public le plus fragilisé
L’étude permet aussi de déterminer l’ampleur de la pénurie en fonction du statut des gestionnaires. C’est le secteur public le plus impacté tant en ETP manquants, qu’en termes de durée des absences, qui pour la moitié sont supérieures à 3 mois.
Le secteur marchand tire son épingle du jeu avec un taux de vacance de 7%, vs 10,5% dans le public et 7,3% dans le secteur associatif.
Enfin, comme Gaëlle Choquer-Marchand nous l’avait précisé, les multi-accueils sont logiquement les structures les plus touchées par la pénurie. Les micro-crèches s’en sortent mieux, puisque les exigences d’encadrement et de qualification sont moins moindres.
De grandes disparités selon les départements
Comme déjà souligné, les disparités entre régions et départements demeurent très importantes. L’Île-de-France concentre les difficultés avec un taux de vacance de 14% vs 6% sur le reste du territoire. Elle représente à elle seule 28% de l’ensemble des ETP mais 47% des ETP vacants.
Et en Île-de-France ce sont les Hauts-de-Seine qui affichent le taux de vacance le plus élevé : 17%.Enfin, la Creuse apparait comme épargnée par ces difficultés de recrutement avec un taux de vacance de 1, 4%… mais ce département rural compte des effectifs très faibles.
Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 29 septembre 2025