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« À 39 ans, je suis retournée sur les bancs de l’école » : la seconde vie de Nathalie Melin, éducatrice de jeunes enfants

Après une carrière dans le marketing, Nathalie Melin a choisi de tout recommencer. À 39 ans, elle a repris des études pour devenir éducatrice de jeunes enfants. Aujourd’hui animatrice dans un Relais petite enfance (RPE), elle n’imagine pas une seconde retourner en arrière.

Pendant plus de dix ans, Nathalie a évolué dans le marketing : elle gravit les échelons et devient chef de marque. Une carrière réussie sur le papier, mais qui finit par perdre tout son sens. « Je commençais à sentir que je n’étais peut-être plus vraiment à ma place, confie-t-elle. Les notions de négociation, la course au prix, la course à la rentabilité ne me parlaient plus du tout. Et je me rendais bien compte qu’il me manquait beaucoup de notions liées à l’humain. »

Une vocation enfouie

Le cheminement vers la petite enfance est progressif. En repensant à son parcours, elle réalise que les enfants ont toujours occupé une place particulière.« Petite, je voulais être pédiatre. Mais comme je n’étais pas scientifique, je m’étais dit : « Tu n’iras jamais en médecine. » », raconte-t-elle. Ses expériences professionnelles semblent aujourd’hui raconter cette histoire : une gamme pour enfants dans la porcelaine, des entretiens chez Béaba, une entreprise fabriquant des produits destinés aux tout-petits…  Des petits signes qu’elle ne percevait pas alors mais qui aujourd’hui lui apparaissent comme une évidence « Je me suis autorisée à me dire : « Mais oui, en fait, ça a toujours été en moi. » », complète-t-elle. Pourtant, le métier d’éducatrice de jeunes enfants ne s’impose pas immédiatement. « Je pense que je ne me suis pas formée à ce métier plus jeune parce que je ne le connaissais pas », reconnaît-t-elle. C’est en accompagnant son plus jeune enfant à la crèche qu’elle découvre le rôle de l’EJE. « Et très vite, tout est devenu évident. »

Changer de vie… en famille

La décision n’est pourtant pas simple. « Ce qui me faisait beaucoup hésiter, c’était le salaire que j’allais perdre, explique-t-elle. Je n’arrêtais pas de me dire : « Est-ce que c’est bien raisonnable ? » » La baisse de revenus est importante : environ 30 à 40 %. La décision devient alors un véritable projet familial et Nathalie peut compter sur le soutien inconditionnel de son mari. Une négociation de départ avec son employeur lui permet également d’aborder cette nouvelle étape plus sereinement.

Retour à l’école

Nathalie étudie un temps la possibilité d’une validation des acquis de l’expérience (VAE), mais comprend rapidement que son parcours ne lui permettra pas d’obtenir de véritables équivalences sur le cœur du métier. Elle fait alors le choix d’intégrer la formation complète et de repartir pour trois années d’études. En 2021, Nathalie rejoint la formation d’EJE à Amiens. Retour aux examens, carte étudiante… le changement est radical. Mais l’expérience l’enthousiasme. « J’ai adoré. Sur le contenu je m’y retrouvais complètement. » Malgré tout, le doute financier continue de l’accompagner pendant près de deux ans.

Un stage en RPE qui change tout

Au départ, Nathalie est persuadée qu’elle travaillera dans la protection de l’enfance. Elle effectue un premier stage en crèche qui la laisse perplexe. Elle découvre une équipe entièrement féminine – ce à quoi elle n’était pas habituée – et peine d’abord à trouver sa place. Au-delà de ce changement d’environnement, elle est surtout déstabilisée par un fonctionnement où les initiatives lui semblent souvent  freinées. « J’avais parfois le sentiment que, dès qu’une professionnelle essayait quelque chose, il y en avait toujours une autre pour la remettre en question. » Elle ressent un décalage par rapport à ce qu’elle apprend en formation où l’observation, l’expérimentation et l’adaptation aux besoins de chaque enfant sont au cœur des pratiques. Puis vient un second stage dans un RPE. Une révélation cette fois. « Là, je me suis dit : voilà le métier qui permet de faire tout ce que j’aime. Avoir la possibilité de lire des articles, de continuer à me former, de contribuer à la formation des assistantes maternelles, accompagner les enfants, développer des partenariats… »

Remise en question après l’expérience en protection de l’enfance

Diplômée en 2024, Nathalie commence par travailler en protection de l’enfance à la suite de son dernier stage. Au fil de cette première expérience professionnelle, son regard évolue… Mais ce ne sont ni la difficulté des situations ni le manque de moyens qui la questionnent, mais plutôt le sentiment d’intervenir trop tard. « On demandait à ces parents d’adopter des repères éducatifs qu’ils n’avaient jamais connus eux-mêmes. Je me disais sans cesse : « Ça n’a pas de sens pour eux. » » Nathalie se sent impuissante et, peu à peu, réalise que finalement cette voie n’est pas pour elle, en tout cas pour le moment.

À la fin de son contrat, après quelques mois de recherche, elle est embauchée à un poste d’animatrice de RPE au sein d’une communauté de communes. Le territoire en compte trois : Nathalie est responsable de l’un d’eux, tout en travaillant en étroite collaboration avec les deux autres animatrices. Son relais est installé dans les mêmes locaux qu’une crèche, ce qui lui permet de mener de développer des projets  avec elle. « Il y a tellement de possibilités. », sourit-elle. La jeune femme prend rapidement ses marques. « Il n’y a pas une seule chose que je préfère, confie-t-elle. Ce qui me plaît, c’est la diversité des possibilités. j’aime accueillir les enfants, échanger avec les assistantes maternelles, répondre à leurs questions, préparer un atelier de lecture…J’ai la possibilité d’activer beaucoup de leviers. » Si elle apprécie la liberté dont elle dispose pour développer des projets, Nathalie n’élude pas les limites budgétaires auxquelles sont confrontées les structures de la petite enfance. « C’est le nerf de la guerre. Malheureusement, il n’y en a jamais assez d’argent. », constate-t-elle.

Aucun regret

Pendant quelque temps, Nathalie a gardé un œil sur les offres d’emploi de son ancien secteur. Mais l’exercice la conforte à chaque fois dans son choix. « Je me dis systématiquement : « Ah non, ce n’est plus pour moi. » » Mais l’EJE ne se ferme pourtant aucune porte. « Aujourd’hui je n’ai pas du tout envie d’ouvrir une micro-crèche. Mais puisque je me suis fait surprendre une première fois, je me dis : peut-être que dans dix ans, je serai formatrice… ou peut-être que je serai retournée en protection de l’enfance, qui sait ? Son parcours lui a montré qu’une carrière n’est jamais figée. D’ailleurs lorsque sa fille lui explique, ll a quelques jours,  qu’en quatrième il faudra déjà choisir une voie, Nathalie lui répond avec le sourire : « La preuve que non, puisque moi, je viens seulement de trouver ce que je veux faire. » 

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 02 juillet 2026

MIS À JOUR LE 03 juillet 2026

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Une réponse à “« À 39 ans, je suis retournée sur les bancs de l’école » : la seconde vie de Nathalie Melin, éducatrice de jeunes enfants”

  1. RPE MOURMELON-LE-GRAND dit :

    Bonjour,
    Je me retrouve complètement dans cet article et dans la joie d’exercer aujourd’hui le métier d’animatrice en Relais Petite Enfance. J’ai presque le même parcours que Nathalie Melin. Je connais les questionnements, les efforts et les sacrifices qui découlent de cette seconde vie. Alors toutes mes félicitations ! Après un parcours en entreprise, 10 ans en tant qu’assistante maternelle, 5 ans en crèche, j’ai repris mes études pour être EJE à 49 ans. De nouveau 5 ans en crèche et me voilà en RPE. La boucle est bouclée et je suis heureuse !

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