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Céline, une « lionne » en petite enfance !

Quand on lui demande de se définir en un mot, Céline répond sans hésiter : « Lionne ». À 48 ans, cette assistante maternelle, passée de la robotique industrielle à la petite enfance, a validé son diplôme d’éducatrice de jeunes enfants ( EJE)  en novembre 2025. Un parcours exigeant porté par un mantra : « quand on se donne les moyens, rien n’est impossible ».

Technicienne spécialisée en robotique industrielle, Céline a travaillé plusieurs années dans le secteur de l’automobile. Une carrière technique bien engagée. Puis la maternité est venue bouleverser ses projets professionnels. Son congé parental marque un tournant. « Accompagner mes enfants, les voir grandir, être pleinement présente à leurs côtés… Je me suis sentie tellement bien dans ce rôle que j’ai eu envie d’en faire bénéficier d’autres familles. » En 2012, de retour en France après six ans à l’étranger, elle demande son agrément d’assistante maternelle sur le bassin d’Arcachon. Les treize années suivantes passeront à toute allure. « J’ai adoré accueillir des enfants », dit-elle avec enthousiasme.

Se professionnaliser, toujours

En 2016, elle se lance un défi : passer le CAP Petite Enfance en candidat libre. Elle se donne trois ans, et finalement l’obtient… dès la première année. Dans la foulée, elle est contactée par Iperia pour participer à l’élaboration d’une formation sur la relation employeur-salarié. L’organisme lui propose ensuite de devenir membre du jury pour les titres professionnels du secteur des particuliers employeurs. « Cela m’a donné confiance en mon métier, en moi », souligne-t-elle. Pour elle, cette expérience est aussi une manière de professionnaliser le secteur et de valoriser des métiers trop souvent rabaissés.

Le corps qui s’use 

Mais l’engagement a un coût. Au fil des années, son corps commence à lui envoyer des signaux, l’arthrose s’installe peu à peu : certains gestes du quotidien deviennent douloureux, parfois difficiles à accomplir. « Ouvrir un pot de compote, c’est quelque chose qui est très compliqué pour moi », regrette-t-elle. Pour une assistante maternelle, dont le métier implique de porter, se baisser, se relever sans cesse, l’impact est réel. À 48 ans, elle doit envisager une reconversion, mais ne quittera pas la petite enfance. « J’ai pris les devants, car je savais que je n’allais pas pouvoir continuer  », explique-t-elle.

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Le défi de la VAE

En 2024, Céline entame alors une VAE pour devenir éducatrice de jeunes enfants (EJE). Elle prépare son dossier tout en continuant à accueillir des enfants 48 heures par semaine. « C’était très prenant, mais extrêmement enrichissant », confie-t-elle.  La VAE n’est pas qu’un dossier à remplir. « On remet en question sa pratique, on s’auto-observe, on va découvrir, explorer des choses. Ça nous pousse dans nos derniers retranchements. »  Malgré son engagement, elle fait face à des réserves. Certains lui expliquent qu’en tant qu’assistante maternelle, elle n’arrivera jamais à obtenir le diplôme. Mais elle avance, travaille, s’accroche.

Fin août, à un mois et demi de son oral, elle fait un AVC. Malgré tout, elle poursuit. Et en novembre 2025, elle valide l’intégralité du diplôme. Céline aurait pu suspendre son projet, mais elle choisit de le mener jusqu’au bout et ne cache pas sa fierté aujourd’hui. « Finalement, rien n’est impossible : même à 48 ans, même avec des soucis de santé ». Le 1er septembre, elle met fin à son activité d’assistante maternelle. Une décision anticipée : elle avait choisi d’accueillir uniquement des enfants nés en 2022, afin qu’ils puissent faire leur rentrée en maternelle en septembre 2025. « Je ne voulais planter aucune famille », ajoute-t-elle.

En attente d’un poste qui a du sens 

Aujourd’hui jeune diplômée, Céline cherche un poste qui corresponde à ses valeurs. « Ma limite, c’est le terrain. Mais je veux surtout continuer à donner du sens à mon travail », observe-t-elle. Plutôt administratif, en lien avec l’accompagnement à la parentalité, le soutien aux professionnels ou la protection de l’enfance. Elle s’intéresse particulièrement à tout ce qui touche aux assistantes maternelles, forcément. « On parle beaucoup des multi-accueils, des crèches… Mais les assistantes maternelles sont souvent mises de côté. Beaucoup pensent qu’elles ne sont pas forcément diplômées ou professionnelles. Or si, ce sont de vraies professionnelles, qui portent seules énormément de responsabilités et qui n’ont pas toujours d’appui derrière. »

Entre septembre et novembre, en pleine préparation de son oral, elle a d’ailleurs effectué un stage en crèche familiale, puis à la maison de la petite enfance de Lanton, où sont rassemblés un RPE et un LAEP. Le poste d’animatrice en RPE l’attire particulièrement. « Parce que je connais la réalité du métier derrière », explique-t-elle. Même en période de recherche d’emploi, elle continue de nourrir sa réflexion en participant à des journées de travail organisées sur son territoire. Des temps d’échanges et d’intervention. Elle reste « en veille ».

Lors d’un récent entretien, on lui a demandé de se définir en un mot. La réponse a aussitôt fusé. « Le mot qui m’est venu, c’est “lionne”, avoue-t-elle. Quand j’ai quelque chose en tête et que je le veux, je vais droit devant, tout en restant extrêmement protectrice avec les gens qui m’entourent. » 

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PUBLIÉ LE 27 février 2026

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