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Assistantes maternelles : ce qui va vraiment changer en 2026

Salaires, déclarations Pajemploi, santé au travail, Maisons d’assistants maternels (MAM)  … Tour d’horizon des grands changements concernant les assistantes maternelles tout au long de cette année 2026

Salaires : vers une hausse des minimas conventionnels 

Au 1er janvier 2026, le SMIC brut horaire a été revalorisé de 1,18 %, atteignant 12,02 € brut. Cette hausse entraîne mécaniquement une augmentation du salaire minimal légal des assistantes maternelles, indexé sur le SMIC (0,281 × SMIC), qui passera à environ 3,38 € brut de l’heure. Toutefois, cette revalorisation n’a pas d’effet concret sur les salaires perçus, car le minimum conventionnel, fixé par la convention collective, est supérieur, à 3,64 € brut : c’est donc ce dernier qui continue de s’appliquer. Mais il reste très bas.  Aujourd’hui, ces minimas sont largement jugés obsolètes et déconnectés de la réalité du terrain, avec un écart qui peut dépasser 20 % par rapport aux salaires réellement pratiqués selon les régions. Les syndicats appellent à rouvrir les négociations salariales afin de relever les minima conventionnels. Pour l’UNSA ProAssmat et Assfam, il faut relever significativement ce minimum conventionnel, à hauteur d’environ 0,400 du SMIC (4,81 € brut), pour redonner de l’attractivité au métier et de reconnaître réellement les compétences et les contraintes professionnelles qui pèsent sur les assistantes maternelles. Pour la CGT, ce minimum conventionnel ne joue plus son rôle de protection et n’a, en l’état, quasiment aucune valeur de référence. L’organisation syndicale préconise de l’aligner au moins sur le salaire moyen observé dans la région la moins favorisée. À noter : la hausse du SMIC a également une incidence sur le calcul du montant minimal des indemnités d’entretien, qui est passé de 4,22 € à 4,25 € au 1ᵉʳ janvier 2026.

Un autre chantier important, encore à ses débuts, mais porteur d’espoir, concerne la mise en place d’une véritable grille de classification des assistantes maternelles. Promise dès 2004 lors de la signature de la première convention collective, cette grille n’a jamais été concrétisée. L’objectif serait d’intégrer des critères tels que le niveau de formation, les compétences et l’expérience professionnelle, afin de reconnaître la diversité des parcours et de sortir d’une logique de rémunération uniforme. Les travaux viennent à peine de commencer, mais la CGT espère une avancée réelle en 2026, qui constituerait une étape structurante pour la reconnaissance du métier.

Pajemploi : nouvelles règles dès janvier 2026

À compter de janvier 2026, Pajemploi passera à une déclaration par enfant accueilli. Concrètement, cela signifie : un bulletin de salaire par enfant, y compris lorsque plusieurs enfants appartiennent à la même famille ; des récapitulatifs mensuels détaillés enfant par enfant (salaires, indemnités, abattements fiscaux, etc.). Par ailleurs, la LFSS 2026 introduit une modification des modalités de calcul : les indemnités compensatrices de congés payés, ainsi que certaines indemnités de fin de contrat soumises à cotisations, seront désormais exclues de l’appréciation du plafond horaire du CMG. L’objectif est de sécuriser le versement de l’aide et d’éviter qu’un versement exceptionnel n’entraîne une perte de droits pour les familles. Cette disposition n’est pas rétroactive et s’applique uniquement aux déclarations effectuées à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Une autre grande évolution est attendue en 2027 avec la généralisation de Pajemploi+ pour les parents-employeurs, un dispositif jugé essentiel pour sécuriser le versement des salaires.

Relais Petite Enfance (RPE) : obligatoire dans toutes les villes de plus de 10 000 habitants

Dans le cadre du Service public de la petite enfance (SPPE), les communes de plus de 10 000 habitants doivent, à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, mettre en place un RPE. Objectif : offrir aux assistantes maternelles un appui de proximité, un accès à l’information et un accompagnement tout au long de leur parcours professionnel. On compte aujourd’hui 3 134 RPE en activité, seules 21 communes de plus de 10 000 habitants, dont la moitié située en Outre-mer, n’en sont pas dotées, nous a indiqué la Cnaf.

Santé au travail : déploiement des visites médicales en présentiel

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, les salariés du particulier employeur, dont les assistantes maternelles, bénéficient d’un accès à la médecine du travail via le Service de Prévention et de Santé au Travail National (SPSTN). Il s’agit d’une avancée importante pour une profession confrontée à de réelles problématiques de santé et de pénibilité. Les premiers mois ont montré de nombreux dysfonctionnements, et les organisations syndicales maintiennent la pression pour que le dispositif monte réellement en puissance en 2026, afin de garantir un véritable suivi de leur santé. L’objectif cette année est de gagner en qualité, avec davantage de visites en présentiel ou, lorsque la télémédecine est utilisée, un encadrement permettant des examens fiables (prise de tension, suivi de l’état de santé, orientation si besoin). Dans plusieurs départements, des conventions ont été signées avec des Services de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises (SPSTI) afin d’assurer une meilleure couverture territoriale.

Guide des MAM : une publication imminente

Le guide des Maisons d’assistants maternels (MAM), actuellement en cours de finalisation, devrait  enfin être publié en ce début d’année. Très attendu par les professionnels, il constitue le document de référence à destination des services de PMI, des assistantes maternelles et des porteurs de projets. Sa première version soumise aux associations n’avait pas totalement convaincu… d’où la réécriture en cours.

Coût horaire de référence du CMG : revalorisation au 1ᵉʳ avril 2026

Le coût horaire de référence, fixé au niveau national à 4,85 € par heure en 2025, est une donnée centrale dans le calcul du CMG, car il sert de base pour déterminer le niveau d’aide et le reste à charge des familles. Il est déterminé selon le coût médian constaté sur l’année civile précédente, et est revalorisé chaque année en fonction de l’évolution du SMIC entre le 1er janvier de l’année précédente et le 1er janvier de l’année en cours. La revalorisation interviendra au 1er avril 2026.

Le mode de calcul du coût horaire de référence a été critiqué lors de sa mise en place, notamment parce qu’il ne reflétait pas toujours les coûts réels de l’accueil individuel. Une étude de l’Observatoire de l’emploi à domicile montre que l’objectif d’harmonisation des restes à charge avec l’accueil collectif est atteint lorsque la rémunération horaire de l’assistant maternel correspond à ce coût de référence.

Protection sociale : des améliorations concrètes

En matière de protection sociale, des avancées sont d’ores et déjà prévues, actées pour les assistantes maternelles, grâce au régime de prévoyance géré par l’IRCEM. Parmi celles-ci figurent la réduction du délai de carence en cas de maladie, qui passera de 7 à 6 jours, ainsi que le doublement de la rente invalidité, renforçant la protection des professionnelles confrontées à des situations de santé lourdes. Pour rappel, en cas d’arrêt maladie, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières dès le 4ᵉ jour d’arrêt (après un délai de carence de trois jours). Jusqu’ici, l’IRCEM complétait les indemnités versées par la CPAM pour atteindre environ 80-82 % du salaire brut de référence à partir du 8ᵉ jour.

Référentiel de connaissances et compétences

Le référentiel de connaissances et compétences, actuellement en cours de construction, devrait être prochainement publié. Commun aux assistantes maternelles et aux professionnelles de l’accueil collectif, il précise les compétences et les savoirs requis et distingue ceux attendus des professionnels disposant d’un niveau d’expertise plus élevé, tels que les éducateurs de jeunes enfants (EJE). Il définit également les compétences spécifiques relevant des fonctions de direction. Ce référentiel socle, élaboré à partir des situations réelles de travail dans l’accueil du jeune enfant, a vocation à nourrir progressivement l’évolution des contenus de formation, initiale et continue.

Date à retenir pour l'exonération de la taxe d’habitation pour les MAM

La suppression de la taxe d’habitation pour les MAM est bien actée depuis la LFSS 2025. Les logements dans lesquels une assistante maternelle accueille des enfants sont considérés comme des locaux à usage professionnel, ce qui justifie l’exonération de cette taxe pour la partie liée à l’activité. Toutefois, l’exonération n’est pas automatique : les MAM doivent effectuer une demande explicite auprès des services fiscaux avant le 1ᵉʳ mars de chaque année.

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 06 janvier 2026

MIS À JOUR LE 08 janvier 2026

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2 réponses à “Assistantes maternelles : ce qui va vraiment changer en 2026”

  1. Valerie Coquaz dit :

    Bonjour, ça m’intéresse de connaître mes droits en tant qu’assistante maternelle

  2. virginier-76_170922 dit :

    Bonjour,j aimerais connaître mes droits en tant qu assistante maternelle,merci.

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